Deux batailles gagnées viennent opportunément renforcer sa légitimité tout en constituant le socle de l’image d’un roi victorieux, béni par la providence.
La première est une série de combats qui se déroulent aux alentours de Dieppe entre le 15 et le 27 septembre 1589 et que l’on appelle la bataille d’Arques. Après avoir gagné la Normandie où elle attend les renforts venus d’Angleterre, l’armée d’Henri IV est contrainte d’engager le combat en infériorité numérique contre les troupes de la Ligue menées par le duc de Mayenne. Henri IV y démontre une nouvelle fois son génie tactique, en particulier lors de la journée du 21 septembre, qui se révèle décisive. Comptant pousser leur avantage, les troupes royales foncent vers Paris pour essayer de faire tomber une capitale qui s’obstine dans la résistance. Ce premier siège de Paris, malgré la prise de certains faubourgs, est finalement un échec. Henri IV devra encore attendre cinq ans pour entrer dans « sa » capitale…
Alors que la campagne s’enlise au cours de l’hiver 1589-1590, une seconde bataille décisive est livrée à Ivry, près de Dreux. Elle se déroule le 14 mars 1590 et met une nouvelle fois aux prises les troupes royales d’Henri IV à celles de La Ligue menées par Mayenne, cette fois associées à des troupes espagnoles et allemandes (reîtres). Comme à Coutras et à Arques, les forces sont déséquilibrées en sa défaveur. Pourtant Henri fait preuve d’une foi et d’une détermination qui galvanisent ses hommes. Elles sont tout entières résumées dans sa fameuse harangue du matin d’Ivry, au cours de laquelle il dit : « Mes compagnons, Dieu est pour vous, voici Ses ennemis et les nôtres, voici votre roi. À eux. Si vos cornettes vous manquent, ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez au chemin de la victoire et de l’honneur ». Au cours de la bataille, le roi a montré l’exemple en chargeant à plusieurs reprises les rangs de l’armée ligueuse, contribuant à sa débandade. Car au terme de la bataille, la victoire est éclatante : l’armée de Mayenne perd 6000 hommes, son artillerie et ses drapeaux. Comme à Coutras, Henri se montre magnanime avec les vaincus. Comme après Coutras il ne pousse pas son avantage et laisse les chroniqueurs s’emparer de ses actes pour forger la légende.